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Je m'appelle Jean Graton. J'ai une casquette noire et une veste en cuir. Je suis détective privé à Lausanne. Je suis un ex-flic et un ex-alcoolo. Je conduis ma Yaris noire dans la circulation nerveuse. Aujourd'hui, je me souviens.

La première chose qui m'est arrivé dans la vie, c'est d'être abandonné par ma mère génétique. Ma «vraie» maman (celle qui m'a adopté) m'a expliqué que j'étais adopté quand j'avais six ans. Je me souviens que petit, je pleurais devant le générique du dessin animé «Bouba le petit ourson» car il y était expliqué que cet ourson avait perdu sa maman. Des années plus tard, j'ai reçu mon premier cours d'éducation sexuelle et la dame qui donnait le cours avait expliqué que certains enfants sont adopté, j'avais levé la main en disant : «Moi, madame, je suis adopté.» Après le cours certains sont venus vers moi en disant qu'ils étaient désolés et tristes pour moi.

À l'école, j'étais en surpoids. J'étais le souffre-douleur. Les gosses ne sont pas tendre avec la différence. On m'appelait le gros, gros-lard ou encore «Athènes capitale de la Graisse». Je me faisais humilier par toute l'école. Toute ? Non, les filles et mes deux amis Florian et Victor ne participaient pas à l'entreprise de mise à l'écart du groupe me concernant. Cela a duré sept années. Sept années ! Comment ai-je pu tenir sept ans dans cette école qui était pour moi comme une prison pour mineurs sans commettre une tuerie scolaire comme à Columbine aux USA ? Deux choses. Je ne suis pas un psychopathe et je n'avais pas l'accès aux armes tel qu'il existe au pays de l'Oncle Sam. Si je l'avais fait, je crois que j'aurai commencé par le bureau du directeur et la salle des profs. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont rien vu et que par conséquence ils n'ont rien fait. Il y a dans les écoles helvétiques des profs et des directeurs d'établissement qui sont moins voyants que des aveugles. Ils ne s'intéressent qu'aux notes.

Une fois débarrassé de l'école obligatoire, j'ai fait mon école de police. Au début, quand on est alcoolique, on ne sait pas que l'on en est un. Alors on boit. On boit sans s'arrêter. J'ai bu sans discontinuer pendant toute l'école de police obtenant mon diplôme à la raclette. Une fois la journée finie, je m'installais dans un pub et commandait une colonne de cinq litres. Je mettais la soirée, mais je buvais tout accompagné par mes copains de beuverie. J'avais une bouteille de Tequila dans ma table de nuit. Je buvais chez moi en écoutant du rap ou du métal très fort. Certains voisins se sont plaints. Dans un poème, j'avais écrit : «La bouteille au liquide couleur vermeille pleine de merveilles». Le reste était illisible. Poèmes écrits sous alcool et n'ayant plus aucun sens dans la gueule de bois nauséeuse du réveil. J'ai bu tout ce qui existe en alcool : toutes les sortes de bière, toutes les sortes de vin, toutes les sortes d'apéritifs, toutes les sortes d'alcool forts. J'avais des ivresses de toutes sortes et des gueules de bois de toutes sortes. Avec l'alcoolisme, on a le moral dans les chaussettes. Je suis allé voir des groupes d'alcooliques sobres pour apprendre la réalité sur ma maladie. Je rechutais chaque semaine. Je retournais les voir la honte chevillée au corps. Je ne buvais qu'une sorte d'alcool pour limiter les dégâts. Une rechute, une caisse de bière par soir. Une rechute, trois bouteilles de vin par soir. Encore une rechute, une bouteille et demie de whisky par soir. Lors de ma dernière rechute, je buvais une bouteille de Malibu par soir. C'était tellement sucré ! Beurk ! Ecœurant ! Et pourtant je buvais tout pour avoir ma dose. J'ai arrêté de boire le 12 Septembre 2012. Je n'y ai jamais retouché. Pour maintenir l'abstinence, il faut une très forte volonté. J'en ai une. Cette très forte volonté m'a sauvé la vie. Quand je demande aux gens ce qu'ils boivent, ils citent tout le temps des produits que j'ai bu moi-même. Je suis stupéfait à chaque fois. Comment ai-je pu ingérer tant d'alcool ? J'ai pu en ingérer autant parce que je suis un malade alcoolique. Et si je ne bois plus jamais, je serais un alcoolique sobre pendant toute ma vie, mais je serais libre.

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