Je me suis libérée de mon mal être

Je me suis libérée de ce qui me faisait mal

 

Cela faisait une année que je suivais une psychothérapie classique. J’avais déjà appris beaucoup de choses sur ma façon de fonctionner et sur mes relations avec les autres, en particulier avec ma famille. Je n’avais pas l’intention d’arrêter une thérapie qui m’apportait tant mais je sentais que ce n’était pas suffisant. En une année, assise devant ma psychiatre, je n’avais pas versé une seule larme, malgré une énorme tristesse intérieure. Je maintenais une image et je retenais toutes mes émotions. Pour exprimer ce qui se trouvait au fond de moi, j’avais besoin d’une démarche plus corporelle et j’ai donc décidé à faire du rebirthing. J’ai expliqué mes raisons à ma psychiatre, mais elle n’était pas tellement contente: «Faire deux thérapies si différentes en même temps ne peut rien vous apporter, m’a-t-elle dit. Nous allons vers une confusion certaine.»

 

J’ai tout de même pris rendez-vous chez un accompagnateur de rebirth, comme on les appelle. «Prenez un training avec vous pour être à l’aise, m’a-t-il dit au téléphone. Mon Dieu, ai-je pensé, qu’est-ce que c’est comme thérapie? Qu’allons-nous faire?» En arrivant à ma première séance, j’étais plutôt nerveuse. Nous avons d’abord parlé de mon histoire et de mes besoins thérapeutiques, puis je me suis étendue sur le matelas. J’ai commencé à respirer très vite et j’ai réussi à provoquer une belle hyperventilation. Mais j’avais de la peine à lâcher prise parce que j’étais gênée par la présence de l’accompagnateur et je me demandais ce qu’il allait bien pouvoir faire de moi. Je n’arrivais pas du tout à parler et j’ai simplement senti une nette différence entre les deux côtés de mon corps: le gauche était léger et libre alors que le droit était paralysé et douloureux.

Nous avons ensuite discuté de l’expérience que je venais de vivre. La partie gauche représentait ce que j’arrivais à exprimer au niveau créatif et intellectuel et la droite, les émotions bloquées en moi. J’ai dit: «Je me trouve toujours soit super, soit complètement nulle, il n’y a pas de juste milieu.» L’accompagnateur a répondu: «Je suis nulle, je m’annule.» Une étincelle a alors jailli, inattendue et inespérée: un côté de moi-même bloque l’autre. Jusque-là, j’avais toujours pensé que c’était mon entourage qui m’empêchait de m’épanouir et soudain, j’ai réalisé que c’est moi qui me l’interdisais. Mon corps venait de me le montrer.

 

J’ai été très impressionnée par cette découverte. Le rebirth offre une connaissance de soi différente d’une psychothérapie classique. Quand on se trouve dans un état hyperventilé, on ne se contrôle plus complètement. Le corps réagit tellement fort qu’on est obligé d’écouter son message et les souvenirs ou les émotions peuvent alors refaire surface. C’est une démarche qui favorise les régressions. On revit facilement des événements du passé jusqu’à la naissance, en retrouvant toutes les sensations.

Pendant une année, j’ai sangloté désespérément à toutes les séances. Je revenais toujours sur les mêmes événements et les mêmes problèmes et je me demandais si j’allais bien pouvoir m’arrêter une fois! Puis un beau jour, ce fut terminé. Je m’étais vidée de toute ma tristesse et, petit à petit, j’ai commencé à ressentir une joie de vivre et de reconnaître ma force. Le rebirthing m’a permis de retrouver beaucoup d’autres sentiments que j’avais refoulés. Après avoir tremblé et claqué des dents pendant une heure, comment est-ce que j’aurais pu nier qu’il y avait de la peur en moi? Le rebirth m’a permis de me libérer de ce qui me faisait mal et m’empêchait de vivre pleinement et c’est pour cela que je trouve que c’est une méthode extraordinaire.

Pendant que je suivais ces séances, j’ai continué à voir ma psychiatre régulièrement et, ses premières craintes apaisées, elle a bien compris la complémentarité de ces deux thérapies. Je profite ici de la remercier pour son ouverture d’esprit. Elle m’a laissé choisir les soins qui me convenaient le mieux et m’a permis d’aller au bout de moi-même.

 

Rosemary Barraud

 

Référence :

«Tout Comme Vous» No 51, juin 1996

Traitement des maladies psychiques et médecines parallèles

Une solution?

 

Actes du Congrès du GRAAP des 19 et 20 mars 1996

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