Depression et rejet

Dépression et rejet

 

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un sentiment de rejet, j’ai toujours été très seule. Mon entourage pensait que c’était dû à une grande timidité et un manque de confiance. De mon enfance, je n’ai aucun souvenir. Malgré 3 frères et 1 sœur, je ne me souviens d’avoir été très seule. Durant mon adolescence, je n’ai eu aucune amie, aucun contact, je n’étais jamais invité aux fêtes et anniversaires. Je passais tout mon temps à lire, seule dans ma chambre. Ma famille, mon entourage, les professeurs me reprochaient cette « sauvagerie » mais trouvaient cela normal pour une grande timide.

Je ne suis jamais sortie, ni fête, ni dancing, ni cinéma, rien. De peur de rester « vieille fille » j’ai épousé mon 1er mari, un étranger, en croyant à son amour. De peur de rester seule, j’ai tout accepté: la violence, l’adultère, le mépris, le travail et pour finir l’abandon dès le permis C empoché. Je me suis retrouvée seule et angoissée de l’être. Ma famille m’avait depuis longtemps abandonnée. De peur de rester seule, j’ai épousé, en seconde noce, un homme gentil qui, je l’ai su plus tard, était homosexuel et dont j’étais la « couverture ». Un jour il s’est assumé et n’avait plus besoin de moi, il est parti. J’ai passé 3 ans de dérive totale, recherchant vainement à ne point être seule. D’amants en amants, j’ai souffert maintes fois d’abandon et de rejet. Ma seconde fille est née à ce moment, comblant cette trop grande solitude. Puis un 3ème époux, un 4ème qui vient de me quitter à cause de mon comportement « bizarre ». A chaque fois un semblant de famille, de stabilité. Des espoirs qui n’aboutissent à rien.

Aujourd’hui, à 43 ans, j’entrevois enfin pourquoi ma vie est faite d’abandons et de rejets : « maniaco-dépressive de type bipolaire ». Ce diagnostic, pas vraiment confirmé, est tombé.

Ce qui est dur aujourd’hui c’est de savoir que j’ai vécu jusqu’à maintenant malheureuse, abandonnée, rejetée, alors qu’il aurait suffi d’un suivi médical pour changer ma vie. Pourquoi jamais aucun médecin, professeur, compagnon n’ont pu déceler cette pathologie ? Je suis une psychothérapie et je prends des médicaments depuis 1996 et personne ne m’a vraiment crue et mon état a toujours été minimisé…..

Aujourd’hui, j’ai l’impression d’une vie gâchée, mais surtout j’ai peur de l’avenir. Qui voudra d’une femme maniaco-dépressive ? Qui voudra me comprendre et accepter de vivre avec moi ? Par manque d’un diagnostic précis ma vie est devenue mon enfer……

Il est important que tout comportement « différent » soit pris au sérieux très jeune afin d’éviter tout ce gâchis !

 

Caroline Progin-Ceriani

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